Je suis celui qui n'est pas en face

 

 

Pas à pas. Trop de pas à pas. Pas encore enclos en lui. Il faudrait plus d'élan pour éclore en lui, et tout d'abord savoir garder l'œuf. Ne pas caqueter pour des pontes oiseuses.

En dehors de son enclos, c'est un travail de tous les instants que de me garder moi-même, je n'y puis tenir longtemps ; alors je m'égare, je me perds dans toutes sortes de sommeils et d'éveils saugrenus. Il cherche à me sortir de rances rêveries. Il me pique, je dois savoir que je ne rêve pas, une épine est un baiser.

Mais l'absent en moi, par cette absence même, par ce refus d'être un peu plus, retourne la spiritualité en pantomime. Pourquoi ces paumes ouvertes ? Et ce regard brouillé ? Et ton dos, que deviens ton dos au milieu de toutes tes invocations ? Pourquoi te mettre en tête ce face à face avec l'éternel absent ?

L'absent éternel ! Le fou parle selon sa folie, les ossements dispersés dans le monde se soudent à son squelette, de la parole se fait chair. L'écho se fait chair … Chair…air…air…Le fou est le siamois de l'être dispersé dans le monde. Il devient le tout un chacun. Tous parlent en lui, il peut parler au nom de tous. Le fou parle, chaque mot est parcouru par un nerf, il pourrait piquer chaque mot, une épine est un baiser. Le fou dit qu'il peut parler, il peut comprendre tous les miroirs, il est le devin de l'autre côté, il est assez écrasé pour pouvoir se faufiler partout car il a été damé par l'absent éternel.

Je suis celui qui n'est pas en face. Je ne me mets pas dans les pas de ce fou ; ne pas se tromper de dieu, ne pas se tromper d'homme. L'absence est partout, ne pas se tromper quant aux lignes de fuite. Je vais retourner au mauvais lieu ; dans la chambre au miroir, la putain ne me posera pas de questions de face à face. Ses épines seront des baisers. Face au miroir, il faudra payer un peu plus cher pour qu'elle me tourne le dos. Fuir, là bas fuir, fuir là bas dedans. Ce dont on ne peut parler, on peut tout de même l'étreindre : dans le pire amour, dans l'amour du pire.

Le fou perd la parole dans sa folie. Peut-on croire que le vrai peut se teindre ? Et au-delà de la croyance, qui veut le désirer ? Vouloir teindre le vrai ! Mais pourquoi faire, à la fin des fins ?

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