Je salue celui qui salit

  

Il est aveugle, il est sourd, il est muet ; on dit que ses dents sont transparentes. Qui l'aurait vu en face sans se perdre dans un mélange de jambes et de cou ? C'est la nuit qu'il mord, mais je ne suis pas certain qu'il soit invisible.

Le poète flatte le gosier de l'ineffable, lorsqu'il se risque à lui titiller les fesses, il ne récolte que des pets ; ça peut aller plus loin, le pire est toujours possible.

Je salue celui qui salit la blanche plage : celui qui griffe le sable juste avant le retour de la vague, et qui pourtant espère, et qui pourtant respire.

Raconter les marches forcées de mes maîtres bêleurs dans les vallées du non sens ? Je ne me souviens que des bribes d'échos qu'ils m'en ont rapporté, et à quelques milliers près, du compte de leurs pas : l'un devant l'autre, et l'autre à l'avenant, au tout venant.

Il y a beaucoup de choses en trop me dit mon prête-nom. Le sourire du Bouddha est en trop, et trop nombreux les disciples qui vont s'illuner sous ses lèvres noires. Le "Viens" de ta bien-aimée est en trop, et tous les plans de celui qui aurait voulu la caler dans son lit. La poignée de terre qu'on jette sur le cercueil est en trop, et la fleur de pêcher qu'emporte le migrant dans le pays où il n'y a pas d'arbres.

Il est aveugle, il est sourd, il est muet. A ce qu'on m'a dit, j'ai les dents apparentes.

 

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