J'essuie le barbouilleur

 

 Tourmenté par la maudite ambition de mettre toujours un livre dans une page, toute une page dans une phrase et toute une phrase dans un mot. Joubert

 Ca vient tout seul, même pas par les yeux. Après, il faudra essuyer la barbouille à grands coups de rasoir dans la toile, inventer des couleurs nouvelles : n'importe lesquelles et pas n'importe lesquelles.

Le gris fond de poche : On le sent au bout des doigts si l'on frotte un ennui contre un autre.

Le carmin osseux : On peut l'éponger avec sa propre peau sur les squelettes errants; s'il n'y a que de la moelle de mots (ou des mots de moelle, je ne connais pas le bon usage) on pourra toujours en tirer de l'encre rouge en deuxième pression.

Le blanc damier et le noir damier : Il n'est pas facile de les séparer. Pourtant, les iconoclastes modernes ne se privent pas de les malaxer, après ils leur donnent un nom, ça fait partie de la mise en oeuvre : noir-blanc, blanc-noir.

Le blanc espace : En général, on l'étire sur une table ou sur la palette, pour un convive inattendu.

Le noir pour le noir : On l'arrache aux questions en sommeil.

Le brun parti-pris : Il est de bon ton de le passer à l'abrasif du même nom.

Le jaune solitude : Peut-on encore le trouver à l'état natif ?

Le bleu haschischin : C'est à la dix-septième dilution qu'il est le plus efficace.

Le vert de mot d'herbe : Les puristes ne l'acceptent ni comme mot, ni comme vert, ni comme herbe.

Le violet athée : On l'utilise le plus souvent avec son contraire.

Le rouge citron : Mieux vaut le laisser macérer plusieurs semaines, surtout s'il est destiné à l'enluminure, que le texte soit sacré ou non.

Le silence argenté : Il suffit de tamiser ou de passer au chinois les bourdonnements de la veille.

 

 

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