Je suis celle qui exorcise

 

 

 

Je lustre les glaçons du premier verre de la soirée les débarrassant de la peur, face cachée des icebergs. Tous les buveurs m'ont rencontrée, j'étais là avant l'alcool, j'étais là avant la soif. Que la nuit suive son cours : les noyés, les bouées, l'espoir d'une passade, et l'esprit qui revient à lui-même. Tous ces ivrognes aux pouvoirs fabuleux en rajouteraient volontiers dans l'érotisme stupide-glacé : faire glisser le glaçon entre mes seins, entre mes fesses, entre mes jambes, et ensuite comme dans un poème idiot raconter la trace, ô le chant de la limace.

Je suis celle qui exorcise les crimes que l'on promet du bout des lèvres, les doigts croisés derrière les dos tournés, et il faut bien un jour ou l'autre tourner le dos. Ce désir meurtrier de ravir la refusante, de l'enfermer nue avec un porc affamé. Ah ! Ce concept du cochon qui jeûne ! C'est un fonctionnaire des services creusés, philosophe à ses heures qui l'a ramené sur le comptoir, entre deux liqueurs fortes; c'était il y a longtemps, du temps du pas grand chose sous la dent, du couteau entre les dents, juste après la contre-révolution d'octobre 1917. L'histoire est passée, passé aussi le désir de fin de l'histoire, et le désir du désir, tout a passé même le désir d'oublier. Ce concept du cochon affamé revient à point pour sertir la pensée débile ; mais quoi que je rêvasse du théorème de Cantor, cela ne m'aidera en rien pour la compréhension du groin. Quand à la salaison internetromatique, tout le sel de la terre y sera bientôt employé ; restera la mer qui n'est jamais pleine. Mais j'exorcise aussi tous les autres crimes. Celui où la grande refusante broie le petit entreprenant, celui où le plus beau verrat est mis à mort dans le seul but de servir de couche de fond pour un collectif de peintres, et tous les crimes à boire et à manger, et tous les crimes que les alpinistes seraient tentés de commettre en redescendant. Il y a des milliers de mots qui peuvent pousser au crime : j'en fais mon affaire. Je suis celle qui exorcise ceux qui me cherchent au fond du puits. Ils n'ont même pas secoué la chaîne, ils ne savent d'ailleurs rien sur les liens qu'entretiennent la chaîne et le seau, quant au squelette adossé à la margelle, il n'a pas d'yeux, alors ils ne veulent pas le voir. Mais il leur reste l'eau noire à interpréter et les étoiles qu'ils croient y trouver.

Je suis celle qui exorcise les rescapés du labyrinthe.

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