Je suis celle qui sème

 

Semer et puis se regarder, se regarder dans l'autre en se gardant de l'un (l'un l'autre, c'est souvent un peu bête de le dire comme ça). Semer encore et puis s'aimer encore. Semer jusqu'à l'épuisement, mais sans perdre de vue ce que l'on sème, si ténue soit la graine, si large soit le sillon. Oublier l'épuisement en s'oubliant soi-même. Arroser et arroser encore, et puis dire merci à des chaleurs trop forte pour notre potager : merci frère soleil. Arroser et puis attendre. Attendre et puis surveiller le temps, veiller au grain, se protéger des gelées tardives. Et puis se souvenir des gelées précoces, et puis se bécoter et puis s'attendre. Pincer les tiges et puis s'attendre dans le plaisir. Pincer les tiges des fèves pour éviter les poux, pincer les tomates aux aisselles pour limiter le feuillage et puis s'endormir presque ensemble. Eloigner les parasites et puis surveiller la pousse et puis en attendant la récolte chanter les récoltes passées. Ensiler et puis se parler, se dire ce qu'on s'était caché et puis s'écouler l'un dans l'autre. Se recouvrir la tête pour l'hivernage et puis antoiser le fumier et puis l'épandre. Retourner la terre et puis se regarder vivre en se sachant mourir et puis émotter et puis ranger sa bêche. Espérer un bon gel en janvier et des pluies au printemps et puis rêver à la bêche dans l'appentis et puis chercher un autre jardin.

retour vers ensemble

portrait précédent

HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH

portrait suivant


musées

mises en boîte

reliefs de livres

derniers travaux

parcours

contact

liens

aaaaaaaaaaaaaaaa

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa

 

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa

 

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa

 

 

aaaaaaaaaaaaaa

aaaaaaaaaaaaaaaa

a

aaaaaaaaaaa