Je suis celui qui fuit

 

 

L'art visuel se confine exclusivement à ce qui est donné dans l'expérience visuelle et ne se réfère à rien d'autre qui soit donné dans des expériences d'un autre ordre.

Clément Greenberg

 

Longtemps je me suis jeté dans la vie pour échapper à l'art. La vie ! N'était-il pas plus simple de déglutir des soleils que de se roussir le pinceau à tenter de les peindre, se laisser teinter par ses tentations ? Soleils, visions et dérisions de soleils, mais vient le temps où il faut donner raison à sa main en demande d'outil. Les hurlements sont sans pertinence , on en revient à la valeur du métier, et hurler c'est un métier tout comme être hébété ou souffler des goulées.

On dit que seulement les vrais peintres auraient maintenant le droit de peindre la fuite. Moi, je suis un tout petit peintre, un écrasé de la brosse et j'aurais bien voulu prendre la fuite, sans être astreint pour autant à la peindre en toute beauté. Et puis, les beautés, dérisoires ou sublimes, pantelantes ou raidies, après les avoir accrochées au support, il faut encore accrocher ce support sur le mur, trouver la demeure. Mais, devant bien des maisons de collectionneurs grésillent ces lettres de néon : "Faire de l'art, c'est ne rien faire tout en faisant de l'art". Ces enseignes ont leur charme.

Où vont les fuites que peignent les grands professionnels ? Dans les années soixante-dix, on entendait (ailleurs que dans un labyrinthe de miroirs), ce hurlement de Georges Jackson (ce n'était pas un chanteur) : Je fuis, et tout au long de ma fuite, je cherche une arme.

Je suis celui qui fuit. J'ai trouvé l'arme, et les larmes qui vont avec.

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