Je suis celui qui lie

 

 

Oui, moi, oui, petit bonhomme, petit rien, mais tout de même petite raclure du grand tout, oui, moi-oui, petit fragment, un zeste du grand tout, oui, moi.... oui.

Je suis celui qui lie les mots dispersés par le fou, et je suis le souffle du fou qui disperse les mots ( il suffit d'un seul mot pour provoquer la furie, le mot qui brûle la langue, la motte en travers de la gorge, un mot qui tourne autour du tout ou un mot qui tourne autour du rien).

Je suis celui qui lie les silences amassés par le sage : poupées gigognes, le petit silence contenant le grand silence qui le dépasse. Et je vois une feuille sur le point de tomber, saoule des rires du vent et des plaintes des hommes, ou le contraire. Bientôt je ferai de l'humus se dit-elle, et je retournerai me faire boulotter en silence par une radicelle inconnue.

Je m'égare, je ne lie plus les silences amassés par le sage, poupées gigognes, le grand silence trouvant sa vérité dans l'agrégation des petits. Le silence des racines ! Les spores des champignons échangent des informations de plus en plus incontrôlables. La taupe cherche l'Autre taupe tout en grignotant des anthologies poétiques, et plus bas encore, mais pas tout à fait en bas, le lent déplacement géologique du langage. Mais, qui suis-je ? Qu'est-ce que je pourrais remuer ?géologie du langage ? C'est moi qui tremble, je m'égare. Tout ce silence qui monte, comme une semence, tout ce que ça contient de désirs en images et d'images du désir. Se buter, reprendre la lutte contre le grand bavard, le buvard éternel : il sèchera la mer que nous avions en offrande dans le creux de la main, ou pour les moins éclairés sur le bout de la langue, la mer et les petits bateaux de papier qui dansent dessus, chacun son joli matelot.

Je lie celui qui lie les doigts de ses pensées ; il ne veut plus être griffé, mais j'ai le droit de savoir la suite.

Je lie la lumière qui se polarise dans ma poche gauche aux ténèbres qui s'allongent dans ma poche droite ; mes mains finissent par se croiser, je me calme, je ne veux plus jouer avec ce qui se lève.

Je lie ma lie à mon île, mon hochet sera mon rocher.

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