Je suis l'insupportable consolatrice

 

 Comme bien d'autres affluents avant lui, mon petit est venu pleurer dans mon giron. A cet âge et même plus tard , on ne sait pas trop quoi faire quand apparaît la laideur du monde. Maman, maman, on dit que les grands fleuves vont disparaître ; même les sous-mariniers l'affirment, eux qui s'en vont si loin de l'embouchure.

Le pauvre chéri, j'ai pris un sucre et je lui ai fait un canard avec l'eau de vie de mes yeux Prends mon petit ruisseau, n'avale pas tout de suite. Laisse fondre et fondre encore, tu sens comme ça réchauffe ! Ne pleure plus, ce n'est pas très grave, les fleuves évoluent, leur couleur change, tout va de l'avant, comme avant. Tu sais, il y a de l'espoir, on peut trouver de la beauté dans cette coulée brunâtre. J'ai entendu dire que plus les sources sont profanées, plus les poissons deviennent intelligents. Tu te rends compte, tu vas bientôt pouvoir jouer aux dames avec des brochets de ton âge. Il faudra un peu changer les règles. Tu comprends, c'est comme dans la vie : entre les pions qui s'envasent, et ceux qui remontent à la surface où ils son gobés par le maître-nageur, il faut équilibrer. Il faut toujours équilibrer mon chéri. Si tu ne fais pas trop tomber de larmes dans ton cacao, si plus tard tu mets un peu de philosophie dans ton histoire et un peu de ton histoire dans la philosophie, si tu n'étrangles pas tes compagnes comme l'ont fait tes oncles stupides, bref si tu regardes le ciel en gardant un regard sur tes pieds, alors la vie te sourira. Elle te sourit déjà, regarde-moi.

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