Je suis sur ce que je suis

 

 

 

Ecrire une bible dit Novalis voilà la folie que tout homme entendu doit accueillir pour être complet.

Viens dis-je à mon semblant d'ami en me prenant par le bras, allons faire de nouveaux rêves. Essayons de nous échapper ; disons, je veux dire, essayons de nous rechaper, une fois bien regonflés nous pourrons toujours, enfin un peu toujours, rouler un peu plus loin, disons, je veux dire, nous rouler un peu plus loin, comme on dit, l'un dans l'autre, faire la roue dans l'herbe, nous rouler dans la farine, dans l'huile sainte, faire la roue autour des textes et nous rouler dans l'archi-texte. Viens, mon semblant d'ami, déboulons ensemble dans le regard de celle qui nous attend, comme on dit dans la nuit, je veux dire nous attendrait, nous attendra, pour dire le chemin, pour nous montrer, pour nous entendre. L'heure est passée, viens, l'heure repassera et reviendra l'éternité.

Je suis sur ce que je suis. On a rarement vu des aigles sur un miroir, je veux dire sur les miroirs créés de main d'homme : là les mouches ne manquent pas, elles semblent même y prendre plaisir, puissance des mouches, s'occupent de notre reflet en notre absence, Belzébul le maître des mouches. Les lacs gelés sont les larmes de Dieu : les miroirs des aigles,. Miroirs des mouches ! Mon semblant d'ami que j'ai rencontré de l'autre côté de ce miroir, combien de chiures ai-je du effacer avant de te deviner? Mais ce miroir, où l'avais-je trouvé, entre les pages de quel livre ? On m'avait mis à sécher, mais qui aurait l'idée de mettre des fleurs à sécher entre les pages du livre des livres ? Si mon ami ne fait pas semblant d'être mon ami, m'écrira-t-il l'autre bible ? Il lui faudrait pour cela abandonner la prudence qu'il a apprise derrière le miroir, la prudence des mouches, voir sans cesse passer l'heure et dire que ce n'est pas la bonne, et puis pleurer ensuite car l'heure repassera mais dans l'éternité.

Je ne suis pas sûr de ce que je suis. Il y a trente ans je voulais composer un psautier de pas perdus, je voulais donner, sinon un sens, du moins comme une musique à tout ce qui se perd : les amis, les jeunes amis, les racines des vieux arbres. Je voulais composer mon psautier pour ne pas dire : je veux composer ma bible. Un psautier de pas perdus, cela m'apparaissait encore comme un long poème de petits pas, la conscience du mirliton pouvait y suffire. Toujours cette prudence des mouches, s'envoler avant que la main nous chasse, mais qu'un peu de glu s'offre à nos pattes, et nous voilà pris pour toujours dans nos " je veux dire, je veux dire, je veux dire ".

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