L'effet de serre

 

 

 

 Ils voulaient peindre le rien. Le support éponge absorbe les plus grands débordements de larmes ou de sueur. Les dépassionneurs avaient préparé le terrain : chaque chose en son temps, chaque chose à sa place argumentait-on, tout en poursuivant en dessous de parole les disputes sur la place réelle du temps qui passe. On attendait la fin de l’histoire en se grattant l’oreille.Au midi, les regardants à la recherche du tableau de leur vie, viennent chercher un peu d’ombre derrière mon chevalet ; on ne me demande plus si j’ai encore en projet de peindre le vide des trois coquilles, le bruit court que je me contente de la posture contemporaine du peintre en arrêt. Coquilles vides ! Si les regardants remettaint le temps à sa place, la bave mousserait aussi à leurs yeux ; quand le regard n’est plus à sec, on finit toujours par trouver un escarhommme à se mettre sous le coin de l’oeil. Mais moi, je suis surtout un peintre d’oreille, et avant de voir pointer le bout de leurs capuches, j’avais perçu le bourdonnement de leurs psaumes. N’était-ce pas leur parole en spirale qui avait fini par s’extérioriser sur le calcaire, comme la mienne finirait bien par insinuer quelque image entre les alvéoles du tableau. Mais qu’espéraient donc ces pèlerins ? Que ma toile finirait par dégorger l’humidité vitale ? Passant ainsi d’un suintement à un autre, d’un peintre du dernier dimanche à un autre peintre du dernier dimanche, ne pourraient-ils pas ainsi parvenir jusqu’aux prairies jaunies bordant le désert d’Artois.

Un an sans pluie

Ils sont moins fiers

Les autres

 Voilà bien l’hymne des scorpions et de tous ceux que la sécheresse actuelle ne concerne qu’au-dessus du gosier. Pauvres escarhommes, lequel trouvera son chemin ? Mon peintre ne pèse plus les pour et les contre, la bonne image et le repentir. Et si les regardants avaint raison malgré leur fausse conscience ! Ne pourrait-on pas retrouver la touche de rien qu’on avait vu courir sur la palette, juste avant de butter sur le grand sommeil. Les regardants et les liseurs étaient encore des escarhommes, l’abondance des eaux d’en haut reflétait la bombance qui se faisait sur les eaux d’en bas, ou le contraire. C’était avant l’effet de serre, les sectateurs d’Eole honoraient l’outre gonflée, aujourd’hui, la moindre haleine nous brûle. En comparant les gouttes de l’ancienne pluie, les savants nous prouvent que rien n’est pareil. La coquille de l’escarhomme n’est-elle pas la mesure de toute chose ? Celui qui est juché sur l’épaule du peintre porte aussi son propre discours : On me suit à la trace quand je traverse les miroirs, mais qui se perdrait à traduire ma trace ? Celui qui me trace la suite, pourra lire ou délirer ma trace. Qui a des cornes m’entende.

 

 

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